L'aide médicale en mer
Cross Corsen
L’aide médicale en mer a été définie par instruction interministérielle en date du 29 avril 1983 et par l’instruction du 1er ministre du 29 mai 1990.
Article 1.1 : « l’aide médicale en mer, fondée sur la consultation radio médicale, consiste en la prise en charge par un médecin de toute situation de détresse humaine survenant
parmi les membres de l’équipage, les passagers ou les simples occupants d’un navire de commerce, de pêche ou de plaisance français ou étranger ainsi que des bâtiments des flottilles civiles de
l’Etat, à la mer. »
Sont exclus de cette organisation les navires militaires, les bateaux à quai, les accidents de plongées et les sinistres majeurs qui font l’objet d’un plan de secours à
naufragé édité au niveau de chaque préfecture départementale.
Le dispositif repose sur :
- Le Centre de Consultation Médicale Maritime (CCMM ou TMAS : Tele Medical Assistance Service) de Toulouse et sur les SAMU de coordination médicale maritime (Brest, Le Havre, Bayonne et Toulon)
- Les liaisons radio maritimes entre le navire et le centre de consultation
- Le dispositif opérationnel d’assistance médicalisée
Les opérations d’aide médicale en mer sont menées suivant les mêmes procédures que celles utilisées pour les missions de recherche et de sauvetage en mer. En cas de décision de
médicalisation à bord et/ou d’évacuation par le CCMM ou le SAMU, ces derniers en informent le CROSS qui mettra à disposition les moyens nécessaires. La prise en charge de la partie médicale
(médicalisation du vecteur, accueil du patient à terre) reste sous la responsabilité du SAMU de coordination médicale maritime.
LE CENTRE DE CONSULTATION MEDICALE MARITIME (CCMM)
L’assistance médicale à bord des bateaux est confrontée à l’isolement des navires qui sont, pour certains, à plusieurs jours de navigation de la côte et sans présence médicale.
Cela implique la nécessité d’une assistance télémédicale et une formation paramédicale des marins.
Les premières prises en charge médicales par télécommunication ont pu être réalisées grâce au développement de la radiotélégraphie et la construction de stations côtières au début
des années 1920. Initialement, chaque pays développait des centres radio dévolus à leur propre flotte. En 1935 fut installé en Italie le premier centre à vocation internationale : le
Centro Internationale Radio Medico (CIRM) de Rome.
En France, le centre de consultation médicale maritime a été créé par instruction ministérielle du 29/04/1983. Il est basé au siège du SAMU 31 de Haute Garonne à Toulouse car
historiquement les capitaines de navire obtenaient des conseils médicaux auprès des médecins de l’hôpital Purpan du fait de la proximité de Saint Lys radio. L’arrêté du 10/05/1995 a requalifié
le CCMM en Centre de Consultation et d’Assistance Télé Médical Maritime, conformément à l’application de la directive 92/29/CEE du conseil du 31 mars 1992, qui traite des prescriptions minimales de
sécurité et de santé pour une meilleure assistance à bord des navires.
Le CCMM répond aux exigences de la convention n° 164 de l’Organisation International du Travail (OIT) pour la protection de la santé et des soins médicaux des gens de la mer, ainsi
qu’à la recommandation de la circulaire MSC/960 du Comité de la Sécurité Maritime de l’Organisation Maritime International, qui met en avant le rôle du développement des services de
télémédecine. Ses missions et moyens ont été précisés par une convention : Consultation et assistance télémédicale dans le cadre de l’aide médicale en mer. Elle a été signée le 19 mars 2004
entre le CHU de Toulouse, la DMAGM, l’ENIM, la DHOS et l’ARH MIP.
Les missions du CCMM
Il assure pour la France 24h/24 un service gratuit de consultations et d’assistance télémédicale maritime pour tout marin ou autre personne embarquée à bord de tout navire
français ou étranger.
La permanence médicale :
Sur les horaires ouvrés (de 8H à 18H du lundi au vendredi et le samedi de 8h à 13h), elle est assurée par un médecin spécialement formé à la télémédecine.
En dehors de ces horaires, la continuité est assurée par le médecin régulateur du SAMU 31 avec, si nécessaire, la possibilité de faire appel à un médecin du CCMM qui est en
astreinte opérationnelle.
Durant la première tranche horaire, le médecin du CCMM traite bien sûr les consultations d’urgence, mais il a aussi une activité de suivi des patients (consultation relevant
de la médecine générale ou de spécialité, acte de prévention, conseil sur les dotations médicales à bord des navires, test de télécommunication …).
En dehors des jours et heures ouvrés, l’essentiel de l’activité est centrée sur les consultations d’urgence. Les téléconsultations non urgentes font l’objet d’un premier avis avec
proposition d’un rendez-vous avec un médecin du CCMM.
Les consultations spécialisées :
Elles se font dans le cadre d’une conférence à trois quand le médecin du CCMM le juge nécessaire. Elles se font auprès des spécialistes du CHU de Toulouse.
La réception des appels :
Elle se fait par les différents moyens de communication dont dispose le capitaine du bateau : (Annexe 1)
- Système radio VHF, MF, HF. Dans ce cas, l’appel est relayé par un CROSS ou une station côtière.
- Satellite : INMARSAT. Appel direct au CCMM ou relayé par un CROSS.
- Téléphone GSM. Appel direct ou relayé.
- Télex ou fax dont la réception est assurée par les permanenciers (PARM) de la régulation du SAMU 31.
Les appels reçus font l’objet d’un enregistrement.
La téléconsultation repose, comme toute consultation, sur l’établissement d’un dossier médical personnel et confidentiel. Celui-ci comporte les comptes-rendus des différentes téléconsultations du
patient, permettant un suivi par les différents intervenants du CCMM. Pour les consultations des marins professionnels, le médecin dispose des données du fichier ESCULAPE. Celui-ci est géré par le
service de santé des gens de la mer (SSGM) ; il contient des données sur leurs antécédents, leurs traitements et un ECG de référence pouvant être comparé à celui réalisé à bord des bateaux
dotés d’appareil d’enregistrement identique à celui du SSGM.
La téléconsultation a connu depuis quelques années une grande amélioration avec le développement de la télétransmission des données et donc des images. Elle a concerné
tout d’abord les images des lésions cutanées (varicelle, zona, dermatoses …) puis son utilisation s’est développée en traumatologie afin de mieux juger de la gravité des plaies et de porter une
indication chirurgicale sur des traumatismes de la main qui sont très fréquents chez les marins. Les photos permettent aussi un contrôle des soins effectués à bord comme les sutures, une surveillance
de l’évolution d’une lésion, d’une plaie ou d’une brûlure. Les images apportent aussi leurs aides en ophtalmologie ou dans les pathologies bucco-dentaires.
En 2004, le CCMM a réalisé 1877 consultations qui correspondent à 1020 patients, soit une augmentation de 314% des consultations par rapport à l’année 1994 où le centre avait
dispensé 602 consultations pour 412 patients. Dans 18% des cas il y a eu une évacuation, 8 % des cas ont donné lieu à un déroutement du bateau et dans 60% des cas des soins à bord ont été
pratiqués.10
La consultation peut aboutir suivant la gravité de la pathologie, son degré d’urgence et les possibilités de soins à bord à :
- des conseils thérapeutiques et une surveillance à bord,
- un déroutement des navires vers un port,
- une évacuation sanitaire ou médicalisée réalisée en collaboration avec un CROSS et un SCMM.
Dans le cas ou le navire qui demande assistance au CCMM est en dehors des eaux territoriales française, celui ci contacte sont homologue étranger de la zone concernée. Les relais entre le CROSS gris
nez qui est plus spécialisé dans l’organisation matériel de l’évacuation sanitaire, et le MRCC étrangers seront adaptés et coordonnés selon cet avis.
Image Copyright CCMM
Les missions du CCMM
Il assure pour la France 24h/24 un service gratuit de consultations et d’assistance télémédicale maritime pour tout marin ou autre personne embarquée à bord de tout navire
français ou étranger.
La permanence médicale :
Sur les horaires ouvrés (de 8H à 18H du lundi au vendredi et le samedi de 8h à 13h), elle est assurée par un médecin spécialement formé à la télémédecine.
En dehors de ces horaires, la continuité est assurée par le médecin régulateur du SAMU 31 avec, si nécessaire, la possibilité de faire appel à un médecin du CCMM qui est en
astreinte opérationnelle.
Durant la première tranche horaire, le médecin du CCMM traite bien sûr les consultations d’urgence, mais il a aussi une activité de suivi des patients (consultation relevant
de la médecine générale ou de spécialité, acte de prévention, conseil sur les dotations médicales à bord des navires, test de télécommunication …).
En dehors des jours et heures ouvrés, l’essentiel de l’activité est centrée sur les consultations d’urgence. Les téléconsultations non urgentes font l’objet d’un premier avis avec
proposition d’un rendez-vous avec un médecin du CCMM.
Les consultations spécialisées :
Elles se font dans le cadre d’une conférence à trois quand le médecin du CCMM le juge nécessaire. Elles se font auprès des spécialistes du CHU de Toulouse.
La réception des appels :
Elle se fait par les différents moyens de communication dont dispose le capitaine du bateau : (Annexe 1)
- Système radio VHF, MF, HF. Dans ce cas, l’appel est relayé par un CROSS ou une station côtière.
- Satellite : INMARSAT. Appel direct au CCMM ou relayé par un CROSS.
- Téléphone GSM. Appel direct ou relayé.
- Télex ou fax dont la réception est assurée par les permanenciers (PARM) de la régulation du SAMU 31.
Les appels reçus font l’objet d’un enregistrement.
La téléconsultation repose, comme toute consultation, sur l’établissement d’un dossier médical personnel et confidentiel. Celui-ci comporte les comptes-rendus des différentes téléconsultations du
patient, permettant un suivi par les différents intervenants du CCMM. Pour les consultations des marins professionnels, le médecin dispose des données du fichier ESCULAPE. Celui-ci est géré par le
service de santé des gens de la mer (SSGM) ; il contient des données sur leurs antécédents, leurs traitements et un ECG de référence pouvant être comparé à celui réalisé à bord des bateaux
dotés d’appareil d’enregistrement identique à celui du SSGM.
La téléconsultation a connu depuis quelques années une grande amélioration avec le développement de la télétransmission des données et donc des images. Elle a concerné
tout d’abord les images des lésions cutanées (varicelle, zona, dermatoses …) puis son utilisation s’est développée en traumatologie afin de mieux juger de la gravité des plaies et de porter une
indication chirurgicale sur des traumatismes de la main qui sont très fréquents chez les marins. Les photos permettent aussi un contrôle des soins effectués à bord comme les sutures, une surveillance
de l’évolution d’une lésion, d’une plaie ou d’une brûlure. Les images apportent aussi leurs aides en ophtalmologie ou dans les pathologies bucco-dentaires.
En 2004, le CCMM a réalisé 1877 consultations qui correspondent à 1020 patients, soit une augmentation de 314% des consultations par rapport à l’année 1994 où le centre avait
dispensé 602 consultations pour 412 patients. Dans 18% des cas il y a eu une évacuation, 8 % des cas ont donné lieu à un déroutement du bateau et dans 60% des cas des soins à bord ont été
pratiqués.10
La consultation peut aboutir suivant la gravité de la pathologie, son degré d’urgence et les possibilités de soins à bord à :
- des conseils thérapeutiques et une surveillance à bord,
- un déroutement des navires vers un port,
- une évacuation sanitaire ou médicalisée réalisée en collaboration avec un CROSS et un SCMM.
Dans le cas ou le navire qui demande assistance au CCMM est en dehors des eaux territoriales française, celui ci contacte sont homologue étranger de la zone concernée. Les relais entre le CROSS gris
nez qui est plus spécialisé dans l’organisation matériel de l’évacuation sanitaire, et le MRCC étrangers seront adaptés et coordonnés selon cet avis.
La téléconsultation et les communications
Copyright Marc Guillemot
Dans la course au Large, du Vendée Globe, une autre organisation est proposée. Le médecin de la course doit être tenu au courant en cas de problème médical à bord et d’intervention ou de conseils
donnés par un autre médecin que lui. Il peut comme le CCMM donner des conseils et assure une veille sanitaire.
Le skipper reste cependant maître à bord et peut choisir d’avoir d’autres contacts. Le médecin qui le suit habituellement à terre, son équipe technique peuvent être solicité.
En cas d’urgence médicale, la direction de la course, contacte directement le MRCC de la zone de navigation pour organiser l’évacuation du blessé,
Le sauvetage et l'assistance en mer sont alors régis par les conventions internationales en vigueur.
La coopération, les échanges entre tous ces intervenant, expliquant et donnant toutes les informations nécessaires concordent pour perdre le moins de temps possible, et limiter les nombreux intermédiaires et pertes d'information.
Les communications avec le skipper entre le MRCC et le TMAS, sont interconnectées. La discussion d'ordre médicale est des fois plus aisée avec le CCMM de Toulouse pour des raisons de langue. Les informations et données médicales sont ensuite transférées vers le TMAS étranger de la zone concernée.
Une fois la décision d'évacuation médicale décidée, une autre phase se dessine, celle-ci opérationnelle. Elle répondt plus cette fois aux organisations locales.
DR JM Le Gac Med-Mer Dec 2008
