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Quel spectacle permanent ! Les couleurs changent tout le temps, du lever de soleil à son coucher. A tribord ou bâbord, les reflets de l’eau ne sont jamais les mêmes. Or, bleu turquoise, indigo. L’état de la mer y va également de sa partition. Même la nuit sous la pleine lune, les reflets sont cette fois argentés, enveloppant de lumière tamisée les équipiers. Le ciel et le soleil couchant sous le pot au noir est magique et féerique. Personne ne parle devant ce spectacle. Rouge, orange roses, violet, toutes les couleurs se mêlent avec subtilité et embrase le ciel d’un feu inconnu. Où que l’on se tourne le ciel et embrassé, orange à l’ouest, rose violet à l’est. Pourquoi la lumière est-elle si pure sous les latitudes équatoriennes. Là où le réglage de la photographie était avant nécessaire ce n’est maintenant plus nécessaire.
Je garderai au font des rétines ses tableaux lumineux saisissant. Jamais je n’avais envisagé tel spectacle.
La surface de l’eau irisée de vent et baignée de lumière nous donne également des reflets métalliques hypnotisant, de l’argent à l’or, dans une même vague, l’émotion suscitée se modifie de sa naissance à sa crête.
Cet ailleurs est un privilège qu’il sera difficile de faire partager dans une simple film ou travers des clichés photographiques. J’ai mitraillé pas mal, craignant un sevrage trop brutal arrivé à terre. J’espère que ces images figées suffiront à recréer comme la madeleine de Proust ces émotions vives. C’est sous les étoiles de l’équateur, à l’approche de Bahia que je termine ces quelques lignes. Le ciel nocturne est pur, exempt du moindre nuage. J’apercevais il y a quelques jours la croix du sud sur bâbord. C’est un losange formé par quatres étoiles assez bas situées. Maintenant le ciel laisse place à un ballet d’étoiles filantes. J’ai largement matière à émettre tous les vœux que je pourrai avoir comme le veux la tradition.