Arrivée
Lors de l’arrivée à Bahia les bateaux accompagnateurs sont accueillis comme les concurrents de la flotte. Nous faisons donc vraiment et définitivement partie de cette grande aventure. L’entrée de Podorange dans la Marina est ponctuée, d’une musique Brésilienne, dispensée à tue tête depuis la terrasse du club nautique. Deux salves de fusées et leurs pétarades signent notre accostage. Sur le ponton ils sont plusieurs à nous accueillir. Une belle Brésilienne en habit traditionnelle coloré, nous offre une Caïpérina, apéritif local à base de rhum et citron vert. Selon la tradition chaque membre de l’équipage aura noué autour du poignet un petit ruban de couleur. Trois nœuds sont réalisés, au cours desquels un vœu doit être fait. Des assiettes de fruits frais nous sont également distribuées.
L’instant d’après est étrange. Personne à bord ne semble vouloir mettre pied à terre, quitter Podorange est trop dur. Le contact se réalise tout de même après un certains laps de temps. Après avoir discuté du pont avec les terriens qui nous ont accueilli, nous sautons sur le ponton. Le contact est dur, la tête vacille un peu de ce que l’on appelle le « mal de terre ». Cela ne durera pas longtemps. Je m’approche de Max qui est à son tour descendu. Avec Lolo nous avons décidé de le pousser à l’eau. Nous l’attrapons sous les jambes et les aisselles et sautons avec lui. Voilà lui et nous sommes baptisés de ce retour sur terre célébré dans l'eau!! Nous allons maintenant vivre ensemble à terre. Très rapidement le relationnel du goupe va imploser. Chacun allant vivre dans son coin, les rapprochements qui existaient en mer ne se confirmant pas forcément. Les personnalités de uns et de autres se modifieront plus ou moins. La mer a donc cette propriété très forte de permettre l’osmose et la vie en commun de personnes qui sur terre ne seraient pas forcements liées. L’éloignement de ses repères de vie terrestres habituels nous rapprochait les uns et les autres. Ce contraste si saisissant s’estompera dans le temps, quand nous aurons tous remis définitivement pied à terre. Nous nous retrouvons tous ensemble pour un déjeuner juste avant de repartir pour la France, et l’alchimie fonctionne de nouveau, nous échangeons et plaisantons de nouveau comme sur Podo.
