LES ATELIERS DU MOUSSAILLON
Comprendre, pour éviter les accidents...
Pourquoi parler de prévention ?
Un coup de vent apparaît, le temps des sorties en mer débute, et l’on peut lire dans les journaux la survenue d’accidents plus ou moins dramatiques.
On peut facilement évoquer le manque de chance, pour expliquer les accidents. Pourtant, lorsque l'on réfléchit un peu, on se dit rapidement: "  Et s'ils n’étaient pas sortis en mer alors que le temps était mauvais, et s'ils avaient mis un gilet de sauvetage, et s'ils avaient eu une combinaison adaptée,  et si.... si...."
C’est donc qu’en faisant preuve d’un peu d’intuition, en prenant juste le temps d’être prudent, on peut sans aucun doute éviter un accident et ces conséquences.
En 2006 en France 93 noyades ont été recensées en mer sur le seul moi de juin ! 37 ont été mortelles...
La voile est un sport complet, la course au large et la croisière sont des aventures humaines prodigieuses. On les savoure d’autant si l’on ne prend pas de risques inutiles.
En connaissant bien l’environnement dans lequel on évolue, on minimise les risques. Le bonheur n’en est alors que plus intense…
Ces lignes, doivent permettre de mieux comprendre ce que l'on aborde en atelier à la cité de la voile. Partager ces informations avec ceux qui vous entourent est une forme de prévention également. Si tu en as envie n’hésite pas à nous poser des questions, par courrier ou par internet, nous répondrons toujours…
Bon vent et bonne navigation

La Prévention des accidents en trois points
Pour éviter ses conséquences, on peut agir à trois moments :

  • Avant qu’il ne se produise ( par exemple ne pas sortir si la météo est mauvaise)
  • Pendant qu’il se produit en s’étant préparer ( par exemple avoir un gilet de sauvetage si l’on dessale et tombe à l’eau)
  • Après qu’il s’est  pour en limiter les conséquences ( en ayant prévenu)

Pourquoi a-ton froid dans l’eau ?
Le froid c'est l'absence de chaleur. La chaleur est le résultat d'une combustion : le soleil brûle, le feu brûle, radiateur chauffe car  il emmagasine l'énergie fournie par l'électricité ou la chaudière.
L'eau est toujours froide pour l'homme. Notre température corporelle est de 37°5. Notre corps produit sans cesse de l'énergie pour fonctionner. Nous sommes l'adition d'une multitude de petites usines: une usine pour réfléchir, une pour respirer, une pour digérer...
Lorsque l'on place quelque chose de chaud contre quelque chose de froid, le chaud va vers le froid. C’est pour cela, que notre corps étant toujours plus chaud que l’eau de mer, celle-ci nous paraît froide.
Il existe plusieurs mécanismes qui font perdre de la chaleur à notre corps si il est dans une atmosphère froide
Par temps calme, notre corps nous isole quelque peu de la température extérieure en réchauffant une mince couche d’air qui nous entoure proche de la peau. Lorsque le vent souffle, il emporte cette couche d’air protectrice avec lui, exposant la peau à l’air froid. Le vent favorise également l’évaporation de l’humidité de la peau et accélère ainsi la perte de chaleur corporelle (plus rapide lorsque la peau est mouillée que lorsqu’elle est sèche).C'est pour cela que l'on a particulièrement froid quand on sort de l'eau et qu'il y a du vent.

Si la température extérieure est de 10 degrés et le vent de 20 km/h, il fait en réalité 7 degré.
Quand on plonge une partie de son corps dans l’eau froide, celle-ci se refroidit 25 fois plus vite que dans l’air de même température. Pour limiter se refroidissement, nos petits vaisseaux qui sont sous la peau se contractent. Un peu comme lorsque l’on ferme le robinet d’un radiateur  si on ouvre la fenêtre, notre corps essaye par ce mécanisme de diminuer les pertes thermiques. Le sang chaud est préservé pour nos organes vitaux (cœur, cerveau..).  Cela ne suffit pourtant pas, pour éviter à notre corps de se refroidir, si c’est tout entier qu’il était plongé dans l’eau froide. Nous recevons un signal d’alarme, qui nous incite à vite sortir de l’eau, notre cerveau a vite compris que la situation pouvait être dangereuse.
 
Ce que l’on risque avec l’hypothermie
Au fur et à mesure que l’on se refroidit, nos muscles s’engourdissent, on frissonne, on a de plus en plus de mal à réfléchir. La circulation sanguine dans nos bras et nos jambes diminue. On a de plus en plus de mal à saisir la moindre chose, une amarre, s’accrocher au bateau. Si l’on essaye de nager notre corps reste vertical  et l’on risque de se noyer..

Les animaux marins
La  peau des mouettes est recouverte de plumes. Cela  les protèges du froid et leur assure une véritable bouée de sauve-tage.. Les couettes de nos grands mères, utilisaient les plumes, pour nous isoler du froid durant la nuit.

Les mammifères marins, pour lutter contre le froid, ont leur corps est recouvert, d'une épaisse couche de lard. Celle ci pouvant atteindre 30cm. C'est un excellent isolant thermi-que..Ils n’ont, pas ne jambes, pas de bras, pas de cou. Leur corps s'inscrit dans un tube, à la fois aérodynamique et limi-tant la surface cutanée, par rapport au volume du corps.et donc la perte de chaleur.

L’adaptation au froid
Pour essayer de perdre moins de chaleur, nous avons la chair de pou-le. Ce mécanisme n'est plus tellement adapté car vivant dans des maisons chauffées et protégées nous avons perdu notre pilosité au cours de l'évolution.
Lorsque nous étions poilus sur tout le corps à la préhistoire, ce phénomène redressait nos poils, et permettait de garder une couche d'air entre notre peau et l'extérieur. Le mécanisme de  convection était ainsi limité. C'est ce qui se passe chez les animaux. Ob-serve, les oiseaux qui ont les plumes ébouriffées quand il fait froid. Les animaux changent d'ailleurs de pela-ge selon les saisons.
Le frisson, est aussi un mode d'adap-tation. Les contractions involontaires de nos muscles, essayent de produire de l'énergie en plus grande quantité pour nous réchauffer. Cela n'a pas l'intensité d'un jogging, et ne suffit pas à nous réchauffer.

En 1861 Henri Freeman seul survivant d'un naufrage… il était le seul à porter un des premier gilet de sauvetage
En 1861 Henri Freeman seul survivant d'un naufrage… il était le seul à porter un des premier gilet de sauvetage

Avoir des vêtement adaptés
Les moyens de lutte en dehors de ceux propres à notre corps existent:
    Hors de l'eau : les vêtements nous protègent.
Un bonnet limite la radiation. Lorsque l'on met un couvercle sur une casserole elle chauffe plus vite.: « si tu as froid au pied met un bonnet ! ». Le gain d'énergie est plus important par le couvre chef, qu'un triple paire de chaussettes.
Le principe  d'un sous vêtement prés du corps et primordial, il maintient une couche d'air chaude et limite la convection. Il faut préférer les matières modernes, qui ne s'imbibent pas de transpiration et deviennent humides. Cela aura autrement un effet inverse par conduction!
Les vêtements doivent laisser passer la vapeur d'eau dégagée par notre corps , et être imperméable au vent et la pluie.
Le cou, les poignets, toutes les zones ou de l'air frais peut passer doivent être ajustables.
Les vêtements ne doivent pas être trop larges, pour que la zone d'air autour du corps ne soit pas trop volumineuse à chauffer. Ils ne doivent pas non plus trop serrer pour le pas gêner la circulation du sang.
    Dans l'eau:
L'idéal est d'avoir une combinaison adaptée si l'eau est fraîche et que l'on se baigne ou que l'on fait un sport nautique où l'on passe du temps dedans ( planche, surf...).
Il ne faut pas attendre d'avoir froid pour sortir de l'eau et frissonner.
Il faut se rafraichir la nuque et s'adapter progressivement à la température de l'eau et non se jeter d'un seul coup.
Les coureurs de course au large, ont des vêtements adaptés qui permettent de garder leur chaleur lorqu'ils tombent à l'eau. En général, quand les risques sont importants ils les enfilent en prévention.
Si l'on tombe par accident dans l'eau il faut adopter des positions où la perte de température est moindre. On envisage de nager vers quelque chose que si l'on est sûr de l'atteindre!. En nageant et en bougeant dans l'eau on augmente en effet les déperditions thermiques.


Porter un gilet de sauvetage
Si il tombe à l’eau, même le meilleur nageur risque la noyade. Pour être sur de toujours bien pouvoir respirer et avoir la tête hors de l’eau il faut toujours avoir son gilet de sauvetage. Ceux qui sont fabriqués sont confortables. Croire qu’on aura le temps de le mettre avant la chute, c’est un peu comme croire que l’on aurait le temps de mettre sa ceinture au moment ou l’on a un accident de voiture.
On peut croire que cela fait paraître ridicule d’avoir un gilet. Qu’est-ce qui est plus idiot en cas de dessalage: se noyer parce que l’on a pas de gilet et que l’on a froid, ou pouvoir aider les autres parce que l’on est bien équipé ?

 

 

 

La prévention ne s’arrête pas là…
Pour partir à l’aventure en toute tran-quillité sur ces océans il est nécessaire de prévoir beaucoup d’autres choses.

 

 

 

Un homme à la mer !
Si quelqu’un passé par dessus bord, vous devez le dire haut et clair en criant un home à la mer. Un des membres de l’équipage doit garder en permanence un œil sur lui, en le pointant du doigt, pour que le capitaine voit vers où il se trouve. On lance la bouée de sauvetage qui est toujours à poste.

 
Attention au soleil.
    Après le froid… voilà le chaud…
Notre peau est sensible au soleil nos yeux également. Sur la mer et sur la plage comme au sport d’hivers, la réverbération est forte. Si l’on ne se protège pas efficacement le coup de soleil arrivera. En plus on fera vieillir prématurément notre peau qui est notre protection. Pour éviter cela, il faut se protéger.
Lunettes  de soleil, polo , crème solaire régulièrement renouvelée et bien boire de l’eau seront encore une fois des actions de prévention efficaces.

Vérifiez le matériel...

Une fois au large, alors que les vagues font bouger le bateau, il est plus difficile de rattacher un cordage mal fixé. Cer-tains endroits du bateau sont particuliè-rement importants il faut les contrôler attentivement. Demander l’avis d’un adulte est la garantie d’un double contrôle

Les 10 commandements
•    Avant de partir je me renseigne sur les prévisions météo ( heure de marée, force du vent).
•    Je vérifie la zone de navigation ou je me renseigne ; récifs non balisées, courants, zones réservées
•     Je porte mon gilet de sauvetage
•    J’ai des vêtements adaptés ( veste, combinaisons, gants, chaussons…)
•    Je vérifie les points du gréement et je me fais aider d’un adulte..
•    Je vérifie que le matériel de sécurité est bien à bord et est en bon état.
•    Je vérifie que j’ai tous les documents requis (cartes, permis…)
•    Je préviens mon entourage, et j’évite de naviguer seul sur le plan d’eau
•    Je ne surestime pas mes forces, je me méfie des vents de terre
•    Je ne quitte pas mon embarcation tant qu’elle flotte, si j’ai eu un problème.

Décembre 2015

MedMer collabore avec groupama team france pour un programme de formation aux secours médicaux

Novembre 2015

MedMer a participé à l'élaboration, de recommandations pour la formation médicale dans la course au large en marge du congrès ISAF à Sanya

 

Juin 2015: MedMer assure la médicalisation de la Volvo Race à Lorient.

STAGE SIMULATION

JM Le Gac et Pascal Chapelain de l'IFSI de Lorient ont collaboré pour créer un stage de formation médicale pour les coureurs au large. Il a été testé auprès de l'équipage de banque populaire avant le trophée Jules Vernes. La simulation médicale y est prépondérante. Cette nouvelle méthode d'enseignement permet une réelle acquisition des gestes essentiels.

Med Mer forme  la team de spindrift  pour le trophée Jules Vernes 2015.


 

Retrouvez  le journal de bord video de la  Transat en solidaire en cliquant sur le lien ci-dessus. Med mer a accompagné la minitransat à bord de podorange ( nos photos et textes)