Vers la podosphère

Nous sommes en mer depuis 2 jours, direction l’archipel des Canaries.

Le premier quart c’est bien passé pour chacun. Brice a constitué les équipes. Un partage savamment dosée, respectant tantôt la répartition filles et garçons, la compétence en voile des uns et des autres, et  l’âge. L’équilibre est parfait.

Un quart c’est la veille à bord du bateau en général sur la partie nocturne mais la répartition sur 24 heures est aussi possible. On barre, on écoute la VHF, on guette l’horizon pour entrevoir un mini et l’identifier, ou bien encore estimer la trajectoire d’un cargo. L’entame du quart débute à 18 heures. Ils durent 3 heures. Certains équipiers ont leur préférence. Les « couche tard » de la vie terrestre sont peu gênés par les quarts jusqu’à minuit, les « lève tôt » sont adeptes du 3 heures 6 heures. Toute protestation est levée car de toute façon les quarts seront tournants. En journée, la trame pourrait se poursuivre mais sauf grosse fatigue tout le monde va et vient sur le pont en général et se remplace régulièrement à la barre.

Durant cette période si particulière du quart un climat s’installe. Le décor y est pour quelque chose sans aucun doute. Imaginez : une lumière blanche légèrement tamisée qui baigne le pont d’un bateau sous la lune. Celui ci  vogue sur une masse bleue nuit aux reflets argentés. On y perçoit de temps des points scintillants d’écume que le plancton illumine en une traînée de petites étoiles. Dans cette ambiance de rêve, tout est propice pour ouvrir les âmes et les confidences. Même si l’on ne se connaît pas très bien, on s’apprend vite.

« Cela consiste en quoi ton boulot à terre ? »

Question classique que le médecin urgentiste a souvent entendue lors de ces rencontres terrestres.

Il se livre une fois de plus mais la dimension de la confidence est cette fois plus profonde de façon spontanée.

On se raconte sans retenue avec des détails des analyses qui se révèlent à nous comme des évidences longtemps enfouies.

Tout n’est pas toujours aussi sérieux, les fous rires sont aussi de la partie. Une petite dance improvisée par Max à la barre, alors que Lolo vient de nous mettre à tue tête la chanson «  Félicie » de Fernandel nous fait rire de bon cœur. Nous avons une chaîne stéréo de bord, avec des enceintes extérieures.

Eh oui le grand luxe ! En une minute le quart devient ambiance boite de nuit.

Tout d’un coup tout retombe le sérieux revient instantanément.  Un feu lumineux nouveau aperçu au large que l’on doit analyser.

Brice le capitaine du bord, remonte de temps en temps, deux on trois contrôles, cap, vitesse, position GPS sur l’ordinateur de bord, un petit mot une nouvelle instruction et c’est reparti pour la dernière heure du quart.

Le bateau glisse sans bruit sur l’eau. Les autres dorment. C’est une transat en solidaire, la nuit l’est aussi. La confiance est nécessaire pour se laisser à dormir quand d’autres sont sur le pont.

Les petits creux sont fréquents. Il y a souvent les restes des repas succulents que nous ont préparé Flo et Matéo, autrement un bout de pain, un morceau de jambon fumé feront l’affaire avec un verre de soda.

La dernière heure est plus dure. La fatigue gagne. Paradoxalement c’est souvent à la fin de notre partie que l’on a moins envie de dormir. Il y a alors un peu de scrupule à aller réveiller ceux du  quart suivant. Leurs réveils seront plus ou moins rapides. Sortir de la bannette, enfiler les pantalons de ciré car la nuit le pont est humide, mettre une polaire, un gilet, une longe et la flash light, et enfin  la première tête apparaît en contrejour dans l’encadrement lumineux de la descente. Les instructions sont simples, le cap, la direction du vent et la consigne générale du capitaine. Avant de se coucher enfin, le rapport de quart sur le cahier prévu. Les filles on fixé sur la table à carte une caméra, nous avons libre droit de filmer notre rapport. C’est là encore l’occasion de petit délire. JMarc, Lolo et Max, ont enfilé des cagoules et laissé un message au nom du FLQ (front de libération des quarts). En substance leur revendications sont : » Non à l’hégémonie des 1/4, des 1/4 temps, des quatre 1/4 des Car en sac.. Vive les 1/4. Brice a été pris en otage, si les 1/3 ne sont pas enfin pris en compte son anniversaire ne sera pas fêté. » Un ultimatum a été fixé il faudra attendre la nuit prochaine pour savoir si ces revendications ont été entendues.

 

Décembre 2015

MedMer collabore avec groupama team france pour un programme de formation aux secours médicaux

Novembre 2015

MedMer a participé à l'élaboration, de recommandations pour la formation médicale dans la course au large en marge du congrès ISAF à Sanya

 

Juin 2015: MedMer assure la médicalisation de la Volvo Race à Lorient.

STAGE SIMULATION

JM Le Gac et Pascal Chapelain de l'IFSI de Lorient ont collaboré pour créer un stage de formation médicale pour les coureurs au large. Il a été testé auprès de l'équipage de banque populaire avant le trophée Jules Vernes. La simulation médicale y est prépondérante. Cette nouvelle méthode d'enseignement permet une réelle acquisition des gestes essentiels.

Med Mer forme  la team de spindrift  pour le trophée Jules Vernes 2015.


 

Retrouvez  le journal de bord video de la  Transat en solidaire en cliquant sur le lien ci-dessus. Med mer a accompagné la minitransat à bord de podorange ( nos photos et textes)