Médecine à bord

Cette transat a été calme du coté médical. Pour la course nous n’avons jamais été consulté moi ou Pierrick. Par VHF ou bien par courriel nous avons su qu’un régatier avait eu une contusion thoracique à priori sans gravité en tombant de sa bannette lors d’un coup de gîte sa toile antiroulis n’étant pas fixée. Un autre a ressenti des douleurs et une inflammation conséquente du genou. La position dans le mini et les micro chocs sur cette articulation explique ces manifestations sans gravité.

A bord de Podorange nous avons été que très rarement sollicité.

La première pathologie du bord a été les rachialgies. Les douleurs de dos, nuque et épaules ont été ressenties par presque tout l’équipage.

Gilles et deux équipières et les équipiers les plus âgés se sont particulièrement plaint de cervicalgies. Celles ci étaient plus fréquentes dans les allures de près, mais également au portant lorsque le bateau restait ardent et nécessitait un appui sur la barre. La prévention de ces douleurs par des étirements passifs n’est pas toujours aisée. Même si le bateau était grand, il n’y a pas beaucoup d’endroit dégagé permettant de façon aisée ces exercices. Par ailleurs, dans les allures de près l’instabilité de la posture ne permet pas ces exercices. Des séances de massages, et d’étirement passifs myotensifs ont été réalisés avec succès. Un enseignement de base a été réalisé, pour les techniques de décordage, ou de rolfing pour les équipiers qui embarquent souvent.

Les articulations sont également sensibles, deux équipier(e)s se sont plaint de douleurs de type méniscales au niveau des genoux. Le épaules sont elles sollicitées lors de la conduite du bateau si celle-ci est prolongée.

Les petits hématomes, fesses, coudes, cuisses, cheville, sont très fréquents et particulièrement lors des périodes de fatigue dans les allures de près serré. L’espace est moins bien appréhendé, lorsque le support bouge sans cesse, avec un degré de gîte important.

Au niveau cutané, aucun soin direct majeur n’a été nécessaire mais là encore les sollicitations sont majeures. La plupart des équipiers se déplaçait nu pied sur le pont en dehors des manoeuvres importante prévues. Dans ce cas, gants et chaussures étaient systématiquement mises. Le revêtement du bateau antidérapant est agressif pour la peau. Cela ajouté à la salinité et des stations debout prolongées à la barre, a entrainé des échauffements de la voûte plantaire.

Les conjonctivites ont été très rares. Une seule équipière s’en est plainte. Le morphotype yeux bleus et une sensibilité oculaire habituelle expliquant cela.

Les folliculites, ont touché de façon très minime l’équipage. Au niveau du siège ou des zones pilaires (barbe que l’on laisse pousser pour des raisons pratique), quelques points de folliculite on été traité par simples antiseptiques.

Gilles qui était en position assise prolongée, s’est un peu plaint d’irritation inguinale, sans que l’on note l’apparition de mycose. Il était alors laissé nu sous son bermuda et à bénéficié de l’application de pommade à l’oxyde de zinc (cicalfate).

Aucun cas de constipation ou trouble du transit n’a été constaté.

Le mal de mer a peu touché les équipiers. L’allure et la stabilité du bateau y étaient pour beaucoup. Un équipier a ressenti une pathologie évoquant une gastrite. Dans la zone de madère, le problème essentiel a été de maintenir une hydratation et alimentation suffisantes tout en mettant au repos le tube digestif. Avec les pansements gastriques, un antiacide et des repas et hydratation fractionnée, la symptomatologie s’est amendée en deux jours.

Gilles et Max n’ont quasi pas souffert du mal de mer.

En traumatologie  plusieurs petites lésions ont été recensées. Un équipier en grimpant dans le mat sans casque de protection a eu un traumatisme crânien bénin nécessitant une suture par dermabond. L’évolution cicatricielle, a été un peu compliquée, en raison de la salinité et surtout de la présence d’un petit hématome sous jacent.

Des petites plaies superficielles, au pied mains et bras ont été constatées : lors de manipulation de couteau, lors de réparation de la voile avec des aiguilles, lors de travaux de mécanique (moteur compacteur).  Elles ont surtout posé des soucis de cicatrisation longue, sans surinfection.

Les brulûres solaires ont été rares. L’ensemble de l’équipage utilisait des crèmes de protection indice 50 régulièrement. Seuls deux coups de soleil ont été déplorés l’un chez un morphotype blond.

Une brûlure de second degré au niveau du dos, a été occasionnée par le couvercle de la cocotte minute. Là encore dans l’ambiance saline la cicatrisation a été longue, et l’hydratation régulière de la zone avec des corps gras nécessaire.

Un cas d’otite externe devenant interne préexistente au départ s’est majorée avec les bains d’eau de mer avec écoulement purulent par le conduit auditif et perte auditive de ce coté. Une antibiothérapie par ac clavulanique et amox a été entrepris 8 jours entrainant une amélioration incomplète.

Un des équipiers s’est plaint d’une raideur de la cheville qui préexistait à l’embarquement mais plus invalidante à bord. Une manipulation ostéopathique a nettement améliorer l’équipier sur ce qui semblait être une séquelle d’entorse de moyenne gravité.

Un équipier a signalé la résurgence de gingivite au niveau molaire. Cette pathologie était là encore préexistante. Un check up dentaire avant le départ avait fait la préconisation de bain de bouche Alodont ce qui a été poursuivi ainsi qu’une hygiène dentaire irréprochable ce qui a permis la guérison.

L’approche de tous ces soins a provoqué une nouvelle répartition des médicaments entre la daily box et les sacs réserve.

Décembre 2015

MedMer collabore avec groupama team france pour un programme de formation aux secours médicaux

Novembre 2015

MedMer a participé à l'élaboration, de recommandations pour la formation médicale dans la course au large en marge du congrès ISAF à Sanya

 

Juin 2015: MedMer assure la médicalisation de la Volvo Race à Lorient.

STAGE SIMULATION

JM Le Gac et Pascal Chapelain de l'IFSI de Lorient ont collaboré pour créer un stage de formation médicale pour les coureurs au large. Il a été testé auprès de l'équipage de banque populaire avant le trophée Jules Vernes. La simulation médicale y est prépondérante. Cette nouvelle méthode d'enseignement permet une réelle acquisition des gestes essentiels.

Med Mer forme  la team de spindrift  pour le trophée Jules Vernes 2015.


 

Retrouvez  le journal de bord video de la  Transat en solidaire en cliquant sur le lien ci-dessus. Med mer a accompagné la minitransat à bord de podorange ( nos photos et textes)