Nouvelles de la terre

La mer sépare de tout. Elle éloigne les continents, elle isole aussi les marins de leurs proches. L’aventure angoisse,  ceux qui restent à terre mais surtout, croit-on, ceux qui partent en mer.

C’est certes dur de prendre la décision de partir, quitter ses proches, sa femme ses enfants pour une période d’au moins 20 jours. Ces jours d’absence ne sont pas réglés mais  agrémentés d’aléas ce qui n’est pas non plus chose facile. Les escales ne sont pas certaines, leurs dates encore moins.

Une fois la décision définitive prise on se sent libéré : advienne que pourra.

Il est illusoire de croire que tout est réglé. L’embarquement fait cruellement comprendre que rien ne sera comme on l’avait imaginé. Pierrick compagnon de travail et copain m’accompagne dans cette aventure. Nous sommes passés par les mêmes doutes évidemment. Cela rassure et conforte d’être deux. La faiblesse d’un moment est cachée ou confiée au choix. Il faut tenir, car au bout  le projet et son aboutissement sont nécessaires sinon pourquoi avoir fait tout cela en avoir tant parlé.

Il y a ceux qui partent sur la mer mais aussi ceux qui les ont laissé partir et sont sur la terre. Les communications ne sont pas aussi faciles que prévus. Sur Podorange, je pense que le Capitaine Brice n’y est pas pour rien et c’est quelque part salvateur. Peut-on, être plongé dans cette aventure en se retenant sans cesse à ses repères terriens ?

C’est en fait surtout un problème de connexion à bord, le net étant réservé pour la course qui nous a empêcher de communiquer avec nos proches. Cela a été douloureux et non prévu. Cette aventure s’en est un peu retrouvée entachée. Mais que faire à bord ? Il faut continuer à avancer.  

Les premiers courriers ou mails écrits m’ont conforté dans cette logique. Chaque mot envoyé ou reçu ont fait remonter en moi des angoisses métaphysiques que j’avais réussi jusque là je ne sais par quel artifice à masquer. Que font-ils ? Comment vont-ils ? Le poids, la boule au ventre apparaît alors.  Inéluctablement cette grande vague déstabilisatrice  enlève le bonheur et toute raison humaine d’être allé au bout de mon choix si c’est pour en souffrir. Mes états d’âmes et leurs gestions sont une chose, mais ceux de mes proches m’échappent. Je reçois peu de courriels pour des raisons pratiques, celui de ce matin m’a un peu anéanti. Sorte de raz de marée il a balayé les quelques défenses et organisations que j’avais réussi à mettre en place. La nouvelle,  l’écrit émeut mais  a aussi le terrible effet de me remettre en face de ma position : en plein milieu d ‘un océan à au moins 5 jours de tout, 3000 mètres sous moi, à la merci des dieux de la mer qui doivent m’accepter ou non au passage de l’équateur. Cela, les effets de cette transat sur mes proches je ne les avais pas prévu. Plus précisément je pense que je ou nous n’avions pas voulu l’imaginer ou y  réfléchir. C’est encore une des richesses un peu masochiste et douloureuse d’un tel voyage.

Et l’on découvre aussi que l’on est devenu habitant d’un autre monde. Ce rappel un peu violent au quotidien des terriens, les autres équipiers l’ont senti.

« Ça va Jean-Marc ? »

La question m’est posée à plusieurs reprises. Chacun a vu, sait que comme le drogué sans doute dans son voyage intérieur, j’ai du atterrir un peu aujourd’hui. Ils sont compatissants leur jour viendra aussi. Aujourd’hui ils m’invitent, m’aident à retrouver le chemin du large. Il faut se résoudre, a quoi bon lutter contre le  courant si loin des côtes ?

Je me refugie dans l’écriture, plus tard je peindrai. Les ressources internes sont primordiales dans ces moments là pour ne pas s’enliser dans des équations impossibles à résoudre. On ne peut être à terre et en mer à la fois, ces mondes sont trop différents et les unir ne peut-être qu’une formule, lissant la surface de ce qui présente des dimensions autres que les trois de l'espace que nous connaissons habituellement.

Le silence et la distance auront des incidences inéluctables sur mon retour. Cela renforcera beaucoup de choses, j’en suis sûr, mais l’expliquer sera difficile. Le seul merci à ceux qui ont osé nous laisser partir ne suffira pas, mais je suis sûr que nous rapportons avec nous tellement de choses fabuleuses que nous saurons leur donner en retour des sentiments d'une richesse inégalée.

Décembre 2015

MedMer collabore avec groupama team france pour un programme de formation aux secours médicaux

Novembre 2015

MedMer a participé à l'élaboration, de recommandations pour la formation médicale dans la course au large en marge du congrès ISAF à Sanya

 

Juin 2015: MedMer assure la médicalisation de la Volvo Race à Lorient.

STAGE SIMULATION

JM Le Gac et Pascal Chapelain de l'IFSI de Lorient ont collaboré pour créer un stage de formation médicale pour les coureurs au large. Il a été testé auprès de l'équipage de banque populaire avant le trophée Jules Vernes. La simulation médicale y est prépondérante. Cette nouvelle méthode d'enseignement permet une réelle acquisition des gestes essentiels.

Med Mer forme  la team de spindrift  pour le trophée Jules Vernes 2015.


 

Retrouvez  le journal de bord video de la  Transat en solidaire en cliquant sur le lien ci-dessus. Med mer a accompagné la minitransat à bord de podorange ( nos photos et textes)